Guide technique sur les parcours de voyage accessible
5. Concepts généraux
Informations
Table des matières
Remarque: Ce document a été élaboré à titre de référence et son utilisation est volontaire. Les directives volontaires qu’il contient ne doivent pas être interprétées comme remplaçant, en tout ou en partie, les obligations auxquelles les entités doivent se conformer. De plus, l’application des directives volontaires de ce document ne signifie pas automatiquement que les obligations sont respectées. Ces obligations incluent celles énoncées dans les lois, les règlements, les politiques, les directives, les codes et les autres instruments qui peuvent s’appliquer aux entités. Il revient aux utilisateurs de ce document d’évaluer sa pertinence selon leurs besoins particuliers.
Les personnes en situation de handicap se heurtent à de nombreux obstacles pour voyager. Les obstacles ou les caractéristiques de l’environnement matériel et immatériel des déplacements peuvent conduire à l’exclusion des personnes en situation de handicap et les empêcher de faire l’expérience de visiter des lieux éloignés de leur domicile. Par exemple, les barrières comportementales (comme un comportement discriminatoire de la part d’un agent du service à la clientèle) et les barrières physiques (comme des escaliers menant à une zone d’embarquement), parmi beaucoup d’autres, peuvent empêcher les personnes en situation de handicap de participer au plaisir d’un voyage en toute sécurité.
Les directives suivantes s’appliquent aux fournisseurs de voyages à travers tous les moyens de transport qui souhaitent suivre ces directives.
5.1 Valeurs directrices
Les expériences de voyage peuvent être complexes et avoir de multiples facettes, elles peuvent également comprendre plusieurs interactions entre le voyageur et les fournisseurs de voyages à travers plusieurs endroits et sur une période de temps prolongée. Afin de créer des expériences aussi accessibles que possible, les fournisseurs de voyages devraient comprendre qu’ils ont la responsabilité d’offrir aux voyageurs des expériences justes, équitables et inclusives.
Les fournisseurs de voyages devraient concevoir des expériences de voyage qui permettent aux personnes en situation de handicap de:
- voyager de manière indépendante s’ils le désirent;
- s’assurer que leur expérience sera comparable à celle d’un voyageur sans handicap; et
- veiller à ce que tous les voyageurs soient traités avec respect, quels que soient leurs capacités ou leurs besoins.
Les fournisseurs de voyages devraient tenir compte de tous les obstacles qui peuvent exister et devraient rester ouverts à la possibilité de modifier l’expérience de voyage si nécessaire. Le fournisseur devrait également veiller à ce que tous les produits et services avec lesquels les personnes en situation de handicap sont susceptibles d’interagir fassent l’objet d’un examen régulier et systématique, et qu’ils sont appuyés par les politiques et les pratiques de l’entreprise.
Vous trouverez ci-dessous des directives sur la consultation des personnes en situation de handicap que les fournisseurs de voyages devraient suivre.
Consultation des personnes en situation de handicap
Dans toutes les cas, les fournisseurs de voyages devraient s’assurer que les personnes en situation de handicap soient mobilisées à tous les niveaux de leur organisation. Pour certains fournisseurs, vous devez vous assurer que les personnes en situation de handicap sont impliquées (veuillez consulter les ressources de la section 15. La participation peut se faire idéalement à l’interne (comme l’embauche de personnes en situation de handicap) ou au moyen de consultations continues. Par exemple, une personne en situation de handicap pourrait travailler directement avec les équipes qui s’occupent de l’accessibilité ainsi qu’avec des personnes d’organismes qui représentent les personnes en situation de handicap. Les personnes ayant un large éventail d’expériences vécues devraient faire partie des personnes impliquées. Il peut s’agir de différentes intersections identitaires, telles qu’une diversité de capacités, d’âge, de race, d’origine ethnique, de genre, etc.
5.2 Personnel de soutien
Le personnel de soutien permet aux personnes en situation de handicap de participer pleinement au parcours de voyage tout en contribuant à réduire ou éliminer les obstacles au voyage.
Pour se conformer aux directives, commencer par :
- Prendre des mesures raisonnables pour tenir compte de la présence de personnel de soutien.
- Prévoir un siège pour une personne de soutien à côté ou près du siège du passager.
- Accepter du personnel de soutien pour les personnes qui ont besoin d’aide. Il s’agit notamment, mais pas exclusivement, de personnes de soutien qui fournissent de l’aide sur les aspects suivants :
- la mobilité ;
- la période des repas ;
- l’utilisation des salles de bain ;
- les moments de transferts ; ou
- la communication.
5.3 Chiens-guides et chiens d’assistance
Les soutiens personnels peuvent également comprendre les chiens-guides et les chiens d’assistance. Les chiens d’assistance permettent aux voyageurs en situation de handicap de voyager de manière autonome, et les personnes en situation de handicap doivent être autorisées à voyager avec leur chien d’assistance.
Pour se conformer aux directives, commencer par :
- Permettre aux chiens-guides et aux chiens d’assistance d’avoir accès aux activités de voyage et d’y participer, à condition que les personnes les gardent avec eux et que la loi n’interdise pas le chien-guide ou le chien d’assistance.
- Si la loi interdit l’accès à un chien-guide ou à un chien d’assistance, le fournisseur de services doit prévoir une autre méthode de livraison (par exemple, si un chien d’assistance ou chien-guide est empêché d’entrer dans une cafétéria parce que sa présence aurait une incidence sur la santé et la sécurité).
- Disposer d’une aire de soulagement réservée aux chiens-guides ou aux chiens d’assistance à proximité immédiate des espaces de voyage ou à bord, si possible (pour les traversiers). Par exemple, une aire de soulagement pour chiens-guides ou chiens d’assistance devrait être disponible dans la zone sécurisée de la gare, de sorte que les passagers ne soient pas obligés de quitter la gare.
- Nettoyer régulièrement les aires de soulagement des chiens guides ou des chiens d’assistance et prévoir des voies d’accès accessibles à cette aire. Par exemple, avoir une entrée de niveau sans marche vers l’aire de soulagement et l’identifier par des formes de signalisation accessibles, y compris des formes tactiles, en braille et autres.
5.4 Information et communications
Il est important que les fournisseurs de voyages tiennent compte de la manière dont les personnes en situation de handicap communiquent et comprennent l’information. L’information devrait être communiquée dans des formats accessibles aux personnes en situation de handicap.
Pour se conformer aux directives, commencer par :
- Fournir des formes alternatives de communication dans les formats suivants, chacun étant suivi d’exemples non exhaustifs :
- Visuel tel que les photographies, diagrammes, pictogrammes ;
- Texte (écrit) tel que les gros caractères, langage simple ;
- Tactile (par le toucher) tels que le braille, lettres tactiles (lettres en trois dimensions) ; ou
- Auditif (par le son) tels que les sons par haut-parleurs, ou la fonction de lecture à haute voix.
- Envisager d’autres formats de présentation de l’information, tels que des instructions (sur un site Web ou en personne) interprétées à l’aide de vidéos en langue des signes.
- Dans la mesure du possible, éliminer les distractions environnementales telles que les écrans qui affichent de l’information à côté des fenêtres où l’éblouissement du soleil empêche les utilisateurs de lire l’information ou de placer une station d’information ou guichet à côté d’un haut-parleur où les annonces sont diffusées. Cela permet aux gens de se concentrer sur la communication et la réception d’informations de voyage cruciales.
- En suivant les directives sur les technologies de l’information et des communications qui se trouvent dans CAN/ASC - EN 301 549:2024 Exigences d’accessibilité pour les produits et services TIC (EN 301 549:2021, IDT).
5.4.1 Communication écrite
Les documents écrits devraient être présentés dans des formats accessibles au plus grand nombre d’utilisateurs.
Pour se conformer aux directives, commencer par :
- Fournir tous les documents écrits dans une police de caractères sans empattement dont la taille est de 14 ou plus.
- Fournir un texte écrit bien contrasté par rapport à son arrière-plan (par exemple, un arrière-plan blanc avec un texte noir).
- Veiller à ce qu’un stylo et du papier soient disponibles lors des communications, en particulier pour les personnes souffrant de troubles de la communication et celles qui sont sourdes ou malentendantes.
5.4.2 Communication numérique
Les sites Web devraient être accessibles et les adresses électroniques des fournisseurs de voyages devraient être faciles à localiser.
Pour se conformer aux directives, commencer par :
- Fournir des renseignements sur les services disponibles ou relatifs au voyage d’une personne, dans un format accessible.
- Fournir une méthode alternative pour récupérer ou créer les renseignements obtenus en visitant un site Web, lorsqu’il est nécessaire pour les voyageurs de créer un compte personnel (par exemple, pour faire des réservations ou suivre leurs voyages) ou d’accéder à des renseignements relatifs à leur voyage (par exemple, pour accéder à leur itinéraire). La méthode alternative doit être mentionnée sur le site Web.
- En suivant les directives sur les technologies de l’information et des communications qui se trouvent dans CAN/ASC - EN 301 549:2024 Exigences d’accessibilité pour les produits et services TIC (EN 301 549:2021, IDT).
5.5 Formation
Tous les employés, quel que soit leur niveau d’interaction avec le public, devraient recevoir une formation sur l’accessibilité. La formation doit être adaptée à leur profession spécifique dans l’industrie du voyage. Les fournisseurs de voyages peuvent utiliser des ressources de formation externes et internes pour proposer des programmes de formation à leurs employés.
Pour se conformer aux directives, commencer par :
- suivre le processus décrit ci-dessous lorsque vous créez et transmettez le matériel de formation ;
- déterminer la formation nécessaire pour la tâche ;
- créer ou rechercher des supports de formation ;
- réaliser la formation ;
- évaluer l’efficacité de la formation.
- fournir des renseignements sur les 7 domaines prioritaires de la Loi canadienne sur l’accessibilité :
- l’emploi (par exemple, les soutiens à l’externe et à l’interne pour les employés en situation de handicap) ;
- l’environnement bâti (par exemple, les exigences en matière d’accessibilité de l’environnement bâti pertinent dans leur secteur, les connaissances des voies d’évacuation en cas d’urgence) ;
- les technologies de l’information et des communications (TIC) (par exemple, les principes essentiels et les exigences relatives à l’accessibilité du Web et des applications) ;
- les communications, autres que les TIC (par exemple, les besoins de communication des différents groupes de personnes en situation de handicap) ;
- la conception et la prestation de programmes et de services (par exemple, la communication respectueuse et la mise en œuvre de programmes selon de différentes modalités) ;
- l’acquisition de biens, de services et d’installations (par exemple, l’implication des utilisateurs finaux en situation de handicap dans le processus d’acquisition) ; et
- le transport (par exemple, comprendre les caractéristiques d’accessibilité d’un mode de transport lors d’un voyage).
- fournir des renseignements particuliers à la fonction pendant la formation, par exemple :
- le moment opportun pour orienter la personne vers quelqu’un pour qu’elle obtienne plus d’information et comment faire remonter les préoccupations dans la structure ;
- comment apporter un soutien efficace (par exemple, les employés des gares et de bord pourraient également recevoir une formation sur la façon d’aider les passagers en situation de handicap à monter à bord et à débarquer) ;
- comment utiliser tout équipement spécial pour l’embarquement et le débarquement (par exemple, les ascenseurs, les harnais, le fauteuil roulant étroit) ;
- comment aider les personnes en situation de handicap lors des évacuations d’urgence ; et
- comment manipuler et entreposer correctement les appareils fonctionnels et les aides à la mobilité.
- former tous les individus participants dans la prestation de services de voyage (tels que les employés, les personnes élaborant des politiques pour un fournisseur de services de voyages ou travailleurs contractuels), y compris la haute direction ;
- mettre à jour régulièrement les programmes de formation et fournir une « formation de mise à niveau » annuelle qui s’appuie sur les acquis du membre de l’employé. De plus, la formation devrait être requise lors de changements de poste ou à la responsabilité d’un employé ;
- veiller à ce que les dossiers de formation soient tenus à jour ; et
- s’assurer que les employés ont terminé leur formation dans les 60 jours suivant leur embauche. En attendant, le nouveau membre du personnel doit être accompagné d’un membre formé, dans le cadre de son travail.
5.6 Service à la clientèle
Pour fournir un service à la clientèle, les fournisseurs de voyages doivent :
- comprendre les besoins des personnes en situation de handicap;
- comprendre comment communiquer efficacement avec les personnes en situation de handicap; et
- disposer d’un système de suivi du service à la clientèle permettant d’identifier les zones d’améliorations.
Le développement d’une culture propice au service à la clientèle commence au niveau de la direction générale.
Pour fournir un service à la clientèle, la haute direction devraient commencer par :
- veiller à ce que les politiques du service à la clientèle soient accessibles sous forme écrite;
- réitérer l’importance de répondre aux besoins des clients, y compris des clients en situation de handicap;
- promouvoir l’importance du service à la clientèle inclusif au sein de leurs entreprises; et
- travailler en permanence à l’amélioration des politiques et des ressources en matière de service à la clientèle et veiller à ce qu’elles soient actualisées.
5.7 Rétroaction et plaintes
Les fournisseurs de voyages doivent être en mesure de gérer les commentaires et les plaintes qu’ils reçoivent du public à toutes les étapes du voyage.
Pour se conformer aux directives, commencer par :
- Disposer des mécanismes pour gérer la rétroaction et les plaintes reçues. Ceci comprend :
- désigner une personne, ou un groupe de personnes, chargée de gérer les rétroactions et les plaintes relatives à l’accessibilité;
- informer le public du mécanism mis en place (par exemple, par le biais du site Web d’un fournisseur de voyages);
- informer le public de la manière dont il peut signaler un problème (par exemple, par téléphone ou par courrier électronique); et
- veiller à ce que les mécanismes de rétroaction ou de plaintes soient accessibles à tous les voyageurs.
- Dans le cas où un problème ne peut être résolu, mettre le voyageur en contact avec une autre personne ou organisation qui peut apporter une aide supplémentaire.
- Contrôler, examiner et réviser le mécanisme de rétroaction et de plaintes afin d’y apporter des améliorations, si nécessaire.